Histoire & Urbanisme

La Calade (ou carrairade) signifie en provençal : voie pavée. Les chemins pentus ou bourbeux étaient caladés, afin de stabiliser le sol et permettre l’accrochage des sabots de chevaux.


3,9 km de souvenirs sur la Madrague Ville

Des témoignages sur le chemin de la Madrague Ville ont donné lieu à un livre de Nora Mekmouche

« L’objectif était de briser des stéréotypes sur les quartiers Nord, montrer qu’il y a une histoire et surtout une histoire d’hommes », explique Nora Mekmouche. Et de femmes. Odile et Marie-Claude ont en effet parlé aux côtés de Jean-Luc, Amar ou Franck. Patron de bar, professeur de lettres à la retraite, gardien ou artiste « échoué », ils travaillent, vivent ou ont vécu sur ce chemin long de « 3,9km qui, de la place Cazemajou à l’esplanade du lycée Nord relie le centre de Marseille à sa périphérie, coincé entre le port et la ville ».

Il faut se perdre page 54 pour entendre la sonnerie des ateliers Terrin qui rythmaient la vie du quartier, fureter ou explorer. Suivre page 84 un homme qui veut partir parce qu’il « ne retrouve plus, c’est peut-être la mélancolie, cette humanité qu’il y avait dans les gens. » Ou s’arrêter page 108, « le long de la pente pour contempler ce merveilleux paysage donnant sur le bassin de Séon ». De souvenirs intimes ou objectifs, ces textes dessinent les mutations du lieu, esquissent une rue pleine de dockers ou de marins, d’ouvriers des ateliers de mécanique générale dont il ne reste plus que vieilles enseignes au-dessus de rideaux de fer définitivement baissés.

Transformation de l’activité portuaire, implantation du centre d’hébergement d’urgence, ouverture des Puces, fermeture des Abattoirs sont autant d’éléments qui vont provoquer la mutation du quartier qui, aujourd’hui encore évolue. La zone franche a installé des entreprises aux nouvelles activités sur une partie de la rue. Et demain, ce sera le nouveau périmètre d’Euroméditerrannée qui viendra imprimer sa marque. Ce livre sur la mémoire ouvrière des lieux est d’autant plus précieux à l’aube de ces changements profonds. Angélique Schaller

Extraits de La Marseillaise, 31/08/2007