Soultane, un enfant de la Cabucelle

Soultane a passé son enfance à la Cabucelle, il a 22 ans et est actuellement étudiant en master de création numérique.

Nous l’avons rencontré à Arborescence tandis qu’il encadrait des jeunes d’une association locale.

Soultane porte un regard sur la Cabucelle actuelle et nous fait part de souvenirs.

Nous l’avons enregistré dans la rue Viala qu’ il trouve représentative du quartier : elle regroupe trois établissements. L’école publique, le collège musulman, l’établissement catholique où il était scolarisé.

Notre entretien se déroule en face et les chants des oiseaux se mêlent aux cris de récréations.

Il parle d’un animateur de quartier qui « était même là avant sa naissance » et qui organisait des sorties ciné, aquatique... et aussi des camps de vacances à l’extérieur de Marseille : à Sainte Maxime ou dans les Alpes.

Les quartiers nords pour Soultane, « c’est pas si dangereux que ça ». Si les enfants sont moins encadrés, ce n’est pas par les éducateurs, parce que eux ils sont toujours là. « Ils ont moins de possibilités, y’a moins d’activités, c’est moins vivant. Il faudrait plus de sorties cinéma, plus de tournois de foot, y’a moins de moyens. »

La génération adulte n’encadre pas assez les jeunes.

Plus de moyens pas forcément, pas toujours en terme d’argent, ce serait « plus d’accès, plus de sensibilisation » : « au lieu de construire un mur qui soit le plus beau possible, donner des moyens pour des formations d’éducateurs ». C’est faire « plus de sorties éducatives, plus de rassemblements, de convivialité. »

Dans le boulevard des italiens, Soultane a souvenir d’une espèce de hangar où il jouait le soir entre 16 et 18 au foot et ou « y’avait un brouhaha ». Il ajoute :

« aujourd’hui, c’est plus ça »

« c’est silencieux, mais silencieux au niveau de l’ambiance ».

Le bruit, il y en a cependant, le brouhaha du hangar pour Soultane c’était autre chose... celui de la convivialité sans doute, des mots lourds de regrets...