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L’avenir de nos enfants

Le quartier des Créneaux est promis à la démolition, la décision est connue depuis 2002 et les derniers habitants sont sommés de quitter les lieux en Novembre.

La cité se réduit à présent à 2 bâtiments, une tour a déjà été démolie, de nombreux appartements sont murés. Mais il reste au Créneaux 17 habitants qui refusent de partir malgré les offres de relogements, car ce sont des souvenirs de toute une vie qu’il leur faut laisser là.
Une vie qui s’est organisée aussi autour d’une association L’avenir de nos enfants qui était un lieu d’échanges, de solidarités et plus : une fenêtre ouverte sur l’extérieur.

Nous avons rencontré sa présidente Zohra Bahloul qui a repris le flambeau en 2004 avec "L’avenir de nos enfants" des actions menées par l’association « Shebba » où elle est toujours salariée depuis 14 ans. Elle nous a montré un local avec des bureaux à présent vides et nous a parlé dans une pièce joliement décorée de tentures, de canapés où se retrouvaient les habitants.

- Un quartier délaissé

Elle s’est installée aux Créneaux en 90 et a constaté qu’il manquait beaucoup de choses :
« pas de médecin, pas d’arrêt de bus, même pas une cabine téléphonique, c’était un quartier qui était délaissé, enclavé, abandonné.  J’ai fait un stage d’entreprise dans une association « femme » Shebba, au quartier de la Busserine, dans le 14ème. J’ai parlé avec la directrice de la vie des habitants de la cité des Créneaux et c’est de là qu’elle a commencé à faire toutes ces démarches. Ils ont demandé aux habitants « qu’est-ce qui leur manque, de quoi ils ont besoin » et de là, ils ont mis ce projet en place, avec les partenaires, ils ont monté des dossiers, avec la Logirem, le DSU du 15ème, conseils général et région.

- L’association" L’avenir de nos enfants" : Une ouverture sur l’extérieur

L’association a été créée par rapport au ramassage du bus scolaire, c’était mon projet.
Les activités ont été poursuivies : les sorties, la restauration, l’atelier de couture... Mon but c’était de faire sortir ces habitants de l’isolement, ce lieu je l’ai créé pour les habitants , on a essayé de les faire sortir de chez eux. On a fait de la restauration, des cours d’alphabétisation, un atelier de couture, un lieu d’accueil. On avait le médecin, on avait un bureau de démarches administratives, la caf. Après, on a eu le bureau « infos services public » aussi. Après y’a eu aussi un service juridique. Ca a duré 10 ans. On faisait des fêtes le samedi entre nous, même les soirées du Ramadan, le soir dans ce local, avec de la musique, y’a eu vraiment une vie. Maintenant,ils savent plus où aller. »

Les habitants ont été dispersés à Saint Louis, aux Aygalades... « une habitante vient tous les jours devant les escaliers, elle pleure, elle y a passé toute sa jeunesse. Des anciens habitants veulent encore être ensembles.  J’aime ce travail () parce que c’est un travail social, qu’on touche tout le monde et qu’on est là pour apporter de l’aide. J’en ai besoin, c’est vrai, c’est mon gagne pain, mais surtout moi j’aime bien toucher le public, surtout le public en difficulté, j’aime bien savoir ce qui se passe derrière, comment ils vivent mais je pense en moi même que je suis trop sensible. »

« Les sorties, on les fait ici sur Marseille, les après-midi pour visiter les monuments historiques. Je vais aussi en Espagne en une journée, aussi en Italie et : Aqualand, Aquacity, le zoo de la Barben. Des sorties familiales, les enfants et les mamans et certaines personnes agées qui ont demandé le Frioul : toutes les années je le fais trois fois : en fin juin, juillet. Avec le peu de subventions, y-a toujours une participation : en Espagne, c’est 20 euros. On part une journée : à 4h1/2 du matin, c’est juste à Rosas et Pertus, ils visitent les magasins, les marchés. C’est le fait de sortir. En Italie aussi, y-a des marchés à voir. Ca continue toujours, même si on est dispersés, le 8 j’ai l’intention d’organiser une sortie en Espagne. Même dispersés ils demandent au moins des sorties.

Mais ils cherchent surtout un lieu d’accueil, un lieu convivial, là où tous ils se rencontrent autour d’un café, des gâteaux, on est là, on discute, on rigole. On fait aussi la restauration et puis j’ai fait venir le Codes, sur la prévention santé qui explique ce qu’il faut consommer surtout quand on a le diabète. Les recettes, c’est à la demande des adhérentes mais avec le Codes c’est eux qui choisissent un repas diététique , les mamans sont là autour, certaines continuent et font ça chez elles. Alors que les choses s’arrêtent...

- Après la date limite ?

"Moi, ce que je veux c’est un lieu où je peux accueillir le public, la plupart c’est des personnes âgées ,elles peuvent pas se déplacer par exemple à la Viste tous les après midi. Au moins pour elles...c’est pas pour les jeunes mamans qui peuvent se déplacer."

Pour la Logirem, le 7 novembre, y-a plus rien mais pour Zohra et les anciens habitants, l’association doit vivre. Elle continue le combat, on lui souhaite de trouver un local prochainement pour poursuivre ses activités qui apportent un grand soutien à ceux qui témoignent d’une époque où la convivialité faisait partie de cette cité des Créneaux.


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